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Journal Bimestriel

Télécharger le bimestriel n°2 L’Inutile
Télécharger le bimestriel n°1 Sauvage


D’abord, il y a eu la théorie ; où allions-nous accueillir
le public, quel serait son parcours, où devrait-il attendre ? Le scotch au sol, les potelets de guidage, les panneaux d’indication, les différentes étapes, billet, traçage, placement, nettoyage des mains. L’entrée de la Maison des Arts du Grütli ressemblait à un couloir d’aéroport. Ça n’a pas toujours été simple, il en a fallu des réunions, des discussions, des prises de tête.

Puis il y a eu la pratique, et là, tout s’est concrétisé. Tout a bien fonctionné. Et surtout, vous êtes venues, nombreuses et patientes, vous avez été compréhensives et ça, c’est la plus belle des récompenses après tous ces mois d’incertitude. Pour nous qui travaillons ici, mais surtout pour les artistes dans les salles, car c’est bien pour elles que vous êtes venues ; on le ressentait si fort, ce manque accumulé depuis la mi-mars, dans les applaudissements, dans les regards.

Merci pour elles, qui ont tant douté, tant attendu. C’est parti, on recommence, vous êtes là et c’est vraiment bien.

Malgré tout, ces trois mois et demi d’arrêt sont un trou noir si profond qu’on n’en voit pas la fin, rien ne pourra les rattraper ou les remplacer, absolument rien. Même si les aides d’urgence ou le chômage partiel ont fonctionné dans certains cas, même si la majorité des créations programmées ont été reportées, même si on trouve toutes des solutions, ce qui saute aux yeux désormais, c’est la fragilité du statut de l’artiste, cette dépendance au système du chômage quand l’artiste ne produit pas.

Ce constat n’est pas nouveau, mais il ressort encore plus fortement ces derniers temps, alors pourquoi ne pas sauter sur l’occasion que cette période nous offre ? Pour penser plus loin et autrement, pour tout remettre à plat, pour imaginer que maintenant, ça pourrait être mieux.

Alors quoi faire ? Dans l’article que nous dédions à ce sujet dans ce n°2, nous tentons d’esquisser des pistes de solution, l’une d’elle étant de trouver des moyens supplémentaires pour financer les temps d’essai, d’expérimentation et de recherche.

Ces réflexions s’incarnent dans les pro- positions que nous font les artistes pour cette fin d’année; Melissa Cascarino, danseuse et chorégraphe genevoise, est une créatrice atypique qui ne cesse de chercher et d’essayer, un peu à la manière d’une plasticienne. LUPAE est le fruit de cette recherche menée depuis de longues années, d’une création à l’autre; Melissa Cascarino remet en jeu sa pratique de la danse, la nourrissant de lectures, d’écrits, d’images, malaxant ces matières pour sculpter un spectacle comme on pétrirait de la terre.

Nous sommes partout, épisode 4 du feuilleton théâtral mené par la République Éphémère, illustre aussi cette nécessité d’unir les forces et de mutualiser les énergies créatrices.

Et il y a les projets au long cours, ceux qui laissent du temps entre un essai et un autre; Carla Demierre et L’Heure du Thé reviennent pour une seconde rencontre-enquête et un nouveau podcast. 3615 Dakota continue de partager avec le public sa recherche à la fois sérieuse et iconoclaste sur les futurs possibles. Nicole Seiler avec Palimpsest nous laisse quant à elle le choix de découvrir autrement comment la danse peut habiter de manière sonore un espace, une sorte de mémoire des pierres et du lieu.

Essayer, c’est aussi tenter des paris un peu fous, comme celui de proposer des spectacles en langue originale, voire même en langue des signes; c’est le cas de Jess Thom, formidable performeuse anglaise qui offre un regard singulier sur le handicap et la différence1. Enfin, Esperanza López et Txubio Fernández de Jauregui nous invitent à apprécier la poésie du détail et des petites choses de la vie, en français et pour une soirée, aussi en espagnol.

Il est grand temps de considérer le travail artistique sur le long terme et sur une continuité temporelle ; les artistes sont actives, elles construisent leurs propres projets, doivent pratiquer régulièrement, s’entraîner quotidiennement, déployer une pensée, chercher et essayer pour nourrir in fine ce que vous verrez sur scène et amener une qualité autre, faite de tranquillité d’esprit et de temps, sur- tout de temps. C’est donc un travail de tous les jours qui mérite d’être considéré à sa juste valeur et non pas comme un apport bénévole, faisant partie implici- tement du travail de création. D’une manière ou d’une autre, ces moments de recherche et de conception doivent être financés, mais comment ? Le Canton ne pourrait-il pas revenir dans la course au soutien aux artistes en subventionnant justement ces moments de recherche? Faut-il imaginer un fonds de solidarité permanent pour les artistes indépendantes et pour toutes les travailleuses de la culture? Et pourquoi ne pas commencer à penser à la mise en place d’un revenu universel ? Il nous semble que c’est le moment propice pour ouvrir des pistes de réflexions et questionner le système.

Si nous formulons de tels rêves, c’est parce que chacune d’entre nous a besoin de cette immatérialité que nous donnent l’art et la création, quelque chose qui pouvait sembler inutile aux yeux de certains mais qui ont dû se raviser, tant le besoin de faire communauté a été pressant. Contre vents et marées, nous continuons à imaginer un futur meilleur, nouveau et enchanteur, à célébrer avec les artistes.

Barbara Giongo & Nataly Sugnaux Hernandez

1. À l’heure où nous mettons sous presse, nous apprenons que l’équipe de Jess Thom ne pourra malheureusement pas venir en novembre, à cause de nouvelles mesures sanitaires en vigueur en Grande-Bretagne; nous espérons pouvoir l’accueillir en 2021. Au pied levé, Dorothée Thébert et Filippo Filliger présenteront Lampedusa, un rocher de survie, très beau spectacle qui vous emmènera sur l’île sicilienne, porteuse des espoirs de milliers de personnes.


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