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Danser derrière sa webcam

Anne-Claire Adet & Davide-Christelle Sanvee

Ce qui nous manque le plus, dans ce long hiver où la culture, activité « non-essentielle » est mise à l’arrêt, ne tiendrait pas dans un seul document. Il y a l’émotion, l’émerveillement que seul l’art sait procurer, ce frisson lorsque la scène vient remuer des émotions ou des souvenirs enfouis profondément. Mais il y a aussi l’imprévu. Nos vies sont désormais chronométrées, entre réunion à heures fixes en visioconférence et nos repas à 5 minutieusement planifiés. Nous avons perdu le sens du hasard, de la rencontre fortuite, de l’émotion imprévue.

GO GO GO a fait un pari : organiser un événement en virtuel, pour faire un piedde-nez au virtuel. Quoi de plus soporifique qu’un spectacle d’art vivant sur un écran ? La mort de l’art ? Dans ce long hiver covidé, est apparue une envie : celle d’incarner le virtuel. Être ensemble malgré tout. Même derrière les pixels de nos webcams. Lorsqu’on nous a proposé de participer à ce festival en ligne, un mot a tout de suite résonné : l’imprévu. Accepter que rien ne se passerait comme prévu, poser le bricolage non pas comme un risque mais comme une philosophie. Nous allions tenter une expérience. Tant pis si tout ne marcherait pas, l’important était d’essayer.

Ces trois jours de GO GO GO ont démontré quelque chose sur lequel nous n’aurions pas pu parier avec certitude, car il n’y avait aucune certitude, juste des envies. Pendant trois jours, derrière les petits rectangles des images virtuelles, il y avait des visages et des regards. Des personnes qui ne pensaient pas allumer leur caméra, des personnes qui n’aiment pas les ordinateurs, mais qui sont venues tenter l’expérience.

En se connectant au Zoom de GO GO GO, les spectateurices n’ont pas rencontré des pixels, mais des regards, des personnes.
Derrière leurs perruques baroques, les opérateurices accueillaient chaque personne « Bonsoir Prénom ! ». C’est là que la magie du théâtre s’opère. Se laisser guider, accepter la surprise, et flâner de salles en salles, toute aussi virtuelles soient-elles. Le public s’est pris au jeu. Depuis Genève, Lausanne, le Valais, mais aussi depuis Lyon, le Québec ou les confins de la France, derrière les petits rectangles des caméras, des vies se sont croisées par hasard. Nous avons retrouvé ce qui fait le plaisir de se rendre au théâtre, voir des spectacles bien sûr, mais aussi (et surtout ?) croiser par hasard des ami.e.x.s à la sortie de la salle, se laisser porter par la spontanéité. Un couple de retraités est resté boire un verre après une table ronde ; une mère a suivi une interview en donnant le bain à son enfant ; un passionné de théâtre en situation de handicap a pu enchainer les spectacles depuis son canapé ; des connaissances se sont présentées un nouveau-né ; des inconnu.e.x.s ont dansé ensemble derrière leur webcam.

À l’heure où nos vies sont réglées par des décisions sanitaires et des horaires de télétravail, où les arts et la culture sont à l’arrêt, se croiser par hasard à la sortie d’un spectacle, même virtuel, est une respiration salutaire. Nous avons dansé derrière nos webcams.

Et c’était bien.

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