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« Je ne peux pas écrire une pièce sans être directement concernée par le sujet »

Au départ, il y a eu Bleu pour s’attaquer aux angoisses et à la peur, puis Fuchsia Saignant, brûlant, pour parler de l’amour et du chagrin.


Aujourd’hui la metteuse en scène et dramaturge Anna Lemonaki présente Blanc pour démystifier la mort et la séparation. Nouvel épisode de cette tétralogie de la couleur qui devait voir le jour en mai 2020, cette création reportée une année plus tard, traite avec esthétisme le microcosme et le macrocosme, le personnel et l’universel.
Nous retrouvons Anna qui explique à travers cette interview sa manière de travailler et comment se dessinent ses projets futurs.

Initié en trilogie, ce projet devient aujourd’hui une tétralogie, peux-tu nous en dire plus ?

Elle risque bien de devenir une pentalogie ! Les sujets que je souhaite aborder sont nombreux et ils viennent s’emboîter sans l’ombre d’un doute. Au début, trois titres, trois couleurs, sur des questions qui touchent de plus en plus de personnes. Que ce soient les angoisses, l’amour et sa violence ou encore la mort pour rendre hommage à la vie, ces thématiques sont universelles et ont besoin d’être explorées pour briser les tabous. Le 4e volet de la tétralogie abordera le concept de l’échec et de la tyrannie de la réussite et se nommera G.O.L.D. : Glory of Little Dreams !

Qu’est-ce qui t’a motivée dans la création de Blanc ?

Ce travail, est surtout lié à l’angoisse que je ressens face à la mort – comme je suis une bonne angoissée, une candidate excellente – et plus précisément celle de mes propres parents. En habitant à l’étranger, cela m’écarte de ma famille et mes inquiétudes grandissent. J’ai l’impression qu’à chaque retour en Grèce, j’assiste à un nouvel épisode de « ma série familiale », avec son lot de mauvaises nouvelles. Aujourd’hui je cherche à relativiser, à m’apaiser face à cette pensée, stopper le scénario noir et faire de ce dernier voyage, une célébration.
C’est surtout pour parler de la vie que j’ai choisi de côtoyer la mort.

As-tu travaillé avec des images en tête ? Je pense à des deuils plus ou moins récents.

Une très bonne amie à moi a perdu son père récemment et tout ce qui s’en est suivi m’a beaucoup touchée.
Elle aussi ne réside pas auprès de ses proches et cela m’a fait réaliser la force et l’intensité de l’électrochoc que l’on reçoit lorsque l’on est loin : tout est démultiplié et au final assez codifié dans la manière d’apprendre les choses à distance, de les recevoir et d’y répondre.

En plus de la couleur, qui relie tes projets dans la tétralogie, y’a-t-il un fil narratif ou une manière de travailler commune ?

Il y a toujours une part de biographie au sein de mon travail, qui varie selon la thématique.
Je compose souvent avec comme point de départ la question de l’émotion, celle que je souhaite transmettre au public. C’est la seule chose qui m’intéresse vraiment, quel rapport crée-t-on avec lui ? Et j’aime que l’on se rende ensemble dans des zones d’inconforts pour prendre le risque de traverser quelque chose collectivement, c’est très stimulant et intime à la fois. Je m’associe aussi pour chacune de mes créations à un.e scientifique. Pour Bleu, c’était un psychiatre, pour Fuchsia Saignant un vulcanologue et pour Blanc une astrophysicienne. Et puis je collabore toujours avec Samuel Schmidiger co-créateur de la compagnie, compositeur et performeur sonore.

Comment s’est déroulée ta collaboration pour Blanc avec l’astrophysicienne et ex sage-femme Sylvia Ekström ?

Pour cette création, il me fallait envisager la notion du temps ; et la science qui l’observe et cherche à la comprendre grâce à l’étude de l’Univers, c’est l’astrophysique.
Je me suis alors rapprochée de la Pr. Sylvia Ekström. En tant qu’ex sage-femme, Sylvia s’est penchée sur la recherche des origines de l’être humain et aujourd’hui, comme astrophysicienne, elle analyse cette question de manière plus globale.
C’est vertigineux et passionnant !
La mort d’une vie humaine est à ses yeux une miette ; car elle aborde le temps en milliards et milliards d’années. Son mari dit qu’à partir du moment où elle s’est réorientée dans l’astrophysique, il a perdu une partie d’elle car elle appartient désormais à l’univers…C’est très touchant et précieux, tout comme le lien qui s’est créé avec Sylvia.

La place accordée à la musique est très importante au sein de ton travail, que cela représente-t-il pour toi ?

En effet, la musique et le chant accompagnent le travail depuis le premier jour des répétitions. J’ai souvent une idée de la musique avant même d’avoir écrit un mot du texte. Samuel, qui retravaille les reprises et compose la musique, m’en veut des fois pour certains choix ! Pour Blanc, Samuel créera la musique mais jouera également le rôle de Jésus. Tel un animateur de soirée, il assurera l’atmosphère musicale, il réglera la température et l’ambiance à travers l’univers sonore qu’il proposera. C’est essentiel à mes créations car la musique nourrit le spectacle de l’intérieur et permet de sentir la nature de la pièce.

N’aurais-tu pas envie d’ajouter d’autres couleurs à cette tétralogie ?

Si bien sûr ! En ajoutant une pièce à cette construction, je la transformerais en pentalogie. Bien qu’à chaque nouvel épisode, je dis que ce sera le dernier ; j’ai déjà l’envie de travailler sur l’échec civilisationnel et sur la grande question encore bien trop taboue de l’effondrement… je pense l’appeler Black – What a Beautiful Catastrophe !

Propos recueillis par
Esther Jochmans

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