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Journal Bimestriel

Télécharger le bimestriel n°3 Bien, mal, pas fait
Télécharger le bimestriel n°2 L’Inutile
Télécharger le bimestriel n°1 Sauvage


L’artiste Robert Filliou a énoncé en 1968 un Principe d’équivalence dans l’art ; pour lui, une oeuvre d’art contient en elle-même et simultanément trois états : le bien fait – le mal fait – le pas fait. C’est avec cette perspective que nous avançons vers ces prochains mois, poussées par l’intuition de modeler les événements à venir avec des touches de couleur et des envies ludiques. Poétiser l’avenir comme un espoir de renouveau, se permettre d’avancer joyeusement, s’abandonner à rêver à des formes molles et grasses, drôles aussi. Donner un coup de pied dans la fourmilière, s’élancer quand même, tomber pour mieux se relever. Si nous pouvons le faire, c’est parce qu’elles sont là, toutes les artistes, plus ou moins éloignées, plus ou moins présentes ; leur générosité et créativité, leurs luttes aussi, remplissent les pages de ce n° 3.

Un numéro un peu particulier que nous avons voulu placer sous le regard bienveillant de Robert Filliou ; comme un guide, un phare dans le brouillard d’incertitudes qui bouche notre horizon culturel. Il nous aide à penser, à rire et à explorer de nouvelles manières d’envisager la vie, l’art et notre relation aux choses. Les artistes nous inspirent et nous aident, comme à cet instant précis, les Ayres for the Violin de Matteis dans les oreilles. Comme ces livres en pile sur le bureau ou la table de chevet. Comme toutes celles qui auraient dû être là en novembre sur les plateaux du Grütli, laissées sur le carreau par la pandémie, une seconde vague presque attendue mais dont nous redoutions l’annonce.

SURTOUT NE PAS S’HABITUER.

Un numéro 3 à cheval entre le passé et le futur, entre ce qui avait été prévu et ce que nous prévoyions pour janvier et février, que nous aimerions tellement vous offrir pour vous revoir arpenter les couloirs et les foyers du théâtre.

Ce journal appartient surtout aux artistes qui auraient dû créer dans ces murs en novembre ; bien évidemment, nous ferons tout notre possible pour reporter les spectacles et les réinviter, plus tard, dans la saison dilatée Grütopie 20-22.
Pour le moment, à défaut d’une salle et d’un public, nous leur offrons une page blanche et leurs propositions sont à découvrir dans cette édition un peu exceptionnelle.
Quant à la suite… personne ne pourra prédire ce qui arrivera tant nous avons été et serons encore bousculées, indécises, flottantes.
Flottant, il l’est un peu ce numéro 3. Il n’annonce pas les spectacles de janvier et février de la manière habituelle, ni le temps fort GO GO GO auquel nous tenons tellement ; il ne fait que les rêver, les projeter, les effleurer. Presque comme si nous craignions de trop en parler pour les faire trop exister et les rendre trop réels ou trop tangibles. Parce que nous n’aimons pas faire des promesses que nous ne pourrons pas tenir.
Un numéro qui parle de dystopie, cette fiction dans laquelle nous vivons, cette réalité distordue qui nous enveloppe.
Il semble bien loin le temps où nous applaudissions tous les soirs à nos fenêtres, ces mois pendant lesquels nos boîtes mails débordaient de propositions de spectacles en streaming, de concert en live sur les réseaux sociaux, ces moments où il nous avait semblé que nous prenions, presque avec étonnement, la mesure de ce si grand manque d’art, de culture, d’être ensemble.
Tout s’est endormi, apaisé. Comme si nous avions accepté cet état de fait. Nous savons que nous ne sommes pas les seules, que des milliers de gens dans cette ville et ailleurs accusent le coup, courbent l’échine, se résignent, font le poing dans la poche ; nous avons la chance, d’une certaine manière, de travailler dans un milieu qui permet parfois de construire des parenthèses d’espoir, des échappatoires, des failles par lesquelles la lumière se faufile, pour quelques instants privilégiés.
Ouvrir les fenêtres maintenant, pour laisser s’échapper ces bulles d’énergie et les lancer vers vous. Ça peut peut-être marcher.
Ici, les murs et les plateaux du théâtre résonnent tout de même de voix, de sons et de musiques, ils accueillent les artistes qui peuvent heureusement travailler, répéter, s’exercer. Pour ne pas faire de ce lieu une coquille vide comme au printemps dernier.

Terminer enfin, avec Filliou encore et sa notion de Création permanente, imaginée comme un champ possible et cohérent de créativité qui rapproche l’expérience de l’art à celle de la vie.
Car même dans les théâtres fermés au public, dans la rue, dans leur jardin, pendant leur sommeil, les artistes créent.
C’est comme ça qu’elles sont faites, en perpétuel renouveau et remise en question, dans une projection quasi inarrêtable où tout est toujours bien-mal-pas fait, en même temps.
Alors aujourd’hui, pour nous aider et nous inspirer un peu, il y a Matteis et Filliou, mais aussi Melissa, Esperanza, Dorothée, Cosima, Filippo, Jérémie, Txubio, Nicolas, Alexandre et Carla. Et toutes les autres, celles que nous rencontrons, que nous ne connaissons pas encore ou que nous ne verrons peut-être jamais, celles des années passées et à venir.

Barbara Giongo & Nataly Sugnaux Hernandez

Nicola Matteis : Ayres for the Violin – Suites and Sonatas Vol. II – The Arcadian Academy, Nicholas McGegan
Robert Filliou, Génie sans talent – Musée d’Art moderne Lille Métropole 2004
Enseigner et apprendre les Arts vivants par Robert Filliou – Archives Lebeer Hossmann, Paris – Bruxelles, 2000


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