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Journal Bimestriel

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Télécharger le bimestriel n°4 Idnicaetur de peromrfnaces
Télécharger le bimestriel n°3 Bien, mal, pas fait
Télécharger le bimestriel n°2 L’Inutile
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Place Béla Bartók. Les terrasses de deux restaurants qui se font face. Platanes et marronniers, des corneilles qui se battent et quelques vélos.

De chaque côté, deux grands triangles vitrés sortent de terre, un couple photographie son reflet, des danseuses les utilisent comme le miroir témoin d’un studio de danse. Au sol, une série de points blancs, juste avant une volée de marches. Des gens assis au soleil, des skateurs font résonner les roues de leurs planches sur les dalles. Disposées de manières régulières, des fissures marquent le sol. Encore deux marches, une série de portes vitrées sur lesquelles on a collé des banderoles portant l’inscription NO CULTURE NO FUTURE. Et aussi une lettre ouverte du monde de la culture offerte à la lecture.

Il faut prendre la porte qui est tout au bout à droite, la seule qui est ouverte. On entre dans l’Orangerie, devant un couloir, à côté se dresse un escalier en bois un peu majestueux et puis, l’ascenseur. Il tarde à venir, mais quand les portes s’ouvrent enfin, on s’y engouffre dans une lumière bleutée, on monte au 2e étage. C’est le foyer de la Salle du Haut, un long couloir dans lequel s’alignent des tables en bois accompagnées de leurs bancs. Au mur des affiches colorées. À l’entrée, le comptoir empoussiéré de la billetterie devant des plantes en pots et un extincteur rouge flamboyant. Des revues et des flyers épars sur les tables, certains transformés en avion de papier, d’autres portant le cercle brun d’une tasse de café.


Une personne assise, devant son ordinateur portable, concentrée. Au fond, la buvette désertée et son frigo en métal fermé par un gros cadenas. La photocopieuse ronronne en crachotant quelques feuilles de papier. 9h30, bureau de droite, une partie de l’équipe s’affaire déjà. Un rayon de soleil entre par la fenêtre d’où l’on aperçoit au loin un Général perché sur son cheval. Une jeune femme a un casque sur les oreilles devant son ordinateur, de la musique s’en échappe, une autre sourit devant sa visioconférence et l’on entend une voix arriver de loin. Couloir encore, sur la gauche, dans une sorte de grotte en bois, une installation composée d’un ordinateur allumé bloqué sur la même image, des lumières rosées, de la moquette blanche au sol et un joystick solitaire. Un panneau indique de bien vouloir enlever ses chaussures. Juste en face, un portant en métal avec quelques projecteurs pendus et une pile de chaises noires.

Des tabourets et des tables en couleur rappellent une hypothétique terrasse de bistrot. Depuis la salle, on entend les cris joyeux de comédiennes en train de répéter ; la porte s’ouvre, elles sortent, heureuses et en sueur. Fenêtres ouvertes pour rafraîchir l’atmosphère, à droite le gradin recueille des affaires éparses, une doudoune jaune, un sac à dos entrouvert, un cahier et des livres, des crayons, une paire de chaussures.
Le plateau est recouvert sur toute sa surface d’un sol à carreau noir et blanc qui donne presque un peu le tournis, des bouts de cartons portant des inscriptions sont posés : Bing bang. Une expérience sensorielle. Concert vibratoire. Dubuffet.
Retour dans l’ascenseur, direction le sous-sol.
À gauche, la grande porte vitrée qui ouvre sur le foyer de la salle du bas. Clef ou code, elle se renferme en faisant un bruit de métal usé. Des tables carrées semblent dormir là depuis des lustres, des chaises en bois, tête-bêche, comme quand on veut laver le sol. Le rideau de fer de la buvette est baissé, sur le comptoir qui dépasse, un carton déchiré et des cadavres de bouteilles, champagne, bière, sirop, restes d’une fête passée.
Aux murs, un collage d’affiches évoque les spectacles montrés depuis septembre 2018, sagement alignées, elles forment un patchwork coloré et composent une tapisserie étrange. Des photos en noir et blanc pendue à de petites crochets en métal, il en manque quelques unes et le vide n’a pas été rempli.
Une porte sur laquelle on lit Gueuloir ouvre sur un espace capharnaüm : matériel technique entreposé, praticables endormis, un miroir déformant, à nouveau des chaises empilées, un vieux canapé décati.
Plus loin les loges, désertes, fraîchement repeintes en blanc, l’odeur traine encore. Des portants vides, des cintres en bois emmêlés, un cadi rempli de fatras, un fer à repasser sur son socle bleu. Dans la Salle du Bas, une scénographie pousse.
La moitié du gradin est envahie de plantes vertes et de mousse, comme une forêt qui aurait grandit là, silencieuse ; elle se prolonge jusque tout en haut pour s’épancher, majestueuse, jusque dans la régie technique. Au plateau, un grand toboggan rouge pétant gonflable illuminé par des flots de soleil qui entrent par les grandes fenêtres donnant sur la rue.
Un micro esseulé, des rouleaux de scotches posés sur une chaise, des sacs de terre pas encore ouverts, un grand balai en attente de travail.
Remontée par l’escalier central, des affiches de film, des bandes jaunes un peu effacées par terre.
Au rez-de-chaussée, les restes d’une installation, des affichettes grises offrent des mots, comme un dictionnaire ouvert : lumineuse, musique, silence, proximité, stop, Phoenix.
Sortie rue Dufour, les trois drapeaux noirs du Grütli flottent et claquent, la bise est forte aujourd’hui, chasse les nuages, un milan noir s’amuse à faire des pirouettes dans le bleu du ciel.
Ouvrir les bras, fermer les yeux et s’envoler avec lui, pour voir le monde d’en haut, plus beau peut-être.

Barbara Giongo & Nataly Sugnaux Hernandez

P.S. Merci à Nicole Seiler et à son Palimpsest pour l’inspiration
N.B. Ce numéro 5 est spécialement dédié à Esther Jochmans, chargée de communication qui, après 2 ans avec nous, prendra la route fin avril pour de nouvelles aventures. Ainsi qu’à Simon Hildebrand, notre passionné d’oiseaux, fidèle compagnon depuis le début de notre arrivée ici, qui vous a reçu avec coeur tous les lundis au Bureau des Compagnies ; il prend un autre chemin, celui des études. Bonne chance à vous deux, vous allez nous manquer !


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