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La solidarité, un moteur pour changer les habitudes

Il y a un peu plus de deux ans, nous avons mis en place une nouvelle politique tarifaire ici au Grütli : le tarif à choix, à différencier du prix libre. Dans le cas du Grütli, le tarif à choix, c’est choisir de payer 0.– ou 5, 10, 15, 20, 25, 30, 50 ou 100.–. Le prix libre ce serait donner ce qu’on veut, CHF 22.25 ou 50.– tout rond ou 35 centimes.

Il y a un peu plus de deux ans… Vous pouvez y voir un lien tout à fait direct avec la pandémie qui a vidé les lieux culturels, puisque cela a précipité des réflexions qui étaient en cours mais qui tout à coup avaient besoin de prendre corps, dans un * ici et maintenant * très concret. Il nous fallait trouver une manière d’ouvrir encore plus grandes les portes du théâtre, faire un acte de solidarité et tenter de le rendre contagieux. En laissant le choix au public sur la somme à dépenser pour sa soirée au Grütli, ce n’est plus vous demander quel âge vous avez, ni quel est votre statut. Chômeuse, étudiante, personne âgée, haute fonctionnaire, c’est égal. Vous êtes là et vous êtes les bienvenues.

Et puis, tout de suite après la solidarité, c’est aussi l’occasion de reprendre la réflexion sur la marchandisation de l’art. Combien coûte un spectacle ? Est-ce qu’en venant au théâtre, je participe aux salaires des artistes ? Aux frais de chauffage du théâtre ? Est-ce cela paie les pages du journal que je tiens entre les mains ? Ou le salaire d’une membre de l’équipe ? C’est bon de se poser toutes ces questions, d’autant plus que nous pouvons y répondre !

Si le coût d’un spectacle est un mille- feuilles complexe, entremêlé de nombreuses lignes budgétaires (nous y reviendrons dans un prochain numéro de ce journal), ce qui est sûr c’est que l’argent de la billetterie peut participer, de manière infime, au fonctionnement du théâtre : le salaire des artistes, les charges fixes du théâtre, la communication mais aussi les événements gratuits de la saison : GO GO GO (marathon d’arts vivants en janvier depuis 3 ans maintenant), les tables rondes, les ateliers proposés par le Bureau des Compagnies, etc… Par contre, une faible billetterie ne péjore pas le salaire des artistes. Elles sont de toute façon payées puisqu’elles jouent. À la différence de certains théâtres non- subventionnés, où les artistes sont payées à la recette.

Un lieu dédié aux arts vivants est un lieu d’expérimentation. Mais alors, pourquoi n’en rester qu’aux aventures artistiques ? N’est- ce pas aussi notre rôle de faire bouger les lignes sur la réception et la perception du public sur ces arts vivants ?
Ce que ce « tarif à choix » implique aussi, c’est la suppression des privilèges. Plus d’invitations, mais des billets à 0.–. Ce n’est pas du tout la même chose mais c’est fait exprès ! Questionner le prix de la culture, c’est aussi questionner qui paie et qui ne paie pas.
Alors au moment de demander « c’est tarif à choix, vous voulez payer combien ? » le personnel de caisse vous propose une petite révolution. « Je venais juste voir un spectacle, et vous me demandez de me positionner sur le prix que je peux et/ou veux mettre, le prix de l’art ? » Pour nous, théâtre, nous pensons que notre rôle est de remettre cette question sur le tapis et de tenter de vous accompagner dans la réponse à donner.
On le sait, parler d’argent est un sacré problème dans notre riche petit pays. Qu’on en ait ou pas. Vous verrez bientôt derrière la billetterie, un panneau qui vous accom- pagne dans ce questionnement.
Et oui, même si on est heureuses de voir que dans notre vie quotidienne, on peut toujours opter pour l’aide humaine, avec ses pour et ses contre (passer des minutes d’attente infinies au téléphone qui n’assurent pas une solution à la fin de la conversation, le choix de la mauvaise caisse au supermarché où la cliente d’avant se lance dans une conversation avec la caissière, l’humour de notre interlocutrice selon le pied avec lequel on s’est levé…). Ma foi, on est contentes (et je ne vais pas dire ça trop fort) d’avoir l’option de l’informatique, des machines, pour échapper aux mauvaises blagues ou pour ne pas faire circuler les nôtres (allez, je prends sur moi) !

Depuis quelques années, la billetterie du Grütli a intégré l’informatique qui, franchement, aide pas mal à l’organisation des tarifs et à la distribution des billets. On a toutes dû faire face à cette nouvelle façon de travailler et s’adapter à ses exigences mais à la fin, oh oui ! on est satisfaites. Merci.

Bien sûr, ça ne remplace pas le plaisir d’accueillir notre cher public à la caisse les soirs de spectacle. Avec certaines spectatrices qu’on connaît bien, on demande : « comment vas-tu ? et voilà, la conversation est lancée. Oh ! les pauvres qui attendent derrière ! »

La transaction est vite faite avec les plus timides… ou pas, car sans doute on les déstabilise avec la question magique : quel tarif souhaitez-vous payer ? Ah ! et c’est reparti avec toute l’explication de notre politique tarifaire, l’occasion pour les personnes dans la queue de tendre l’oreille à la découverte des différents tarifs au choix… par curiosité ? Pour être prêtes à l’arrivée à la caisse et s’assurer un passage rapide ? Ou plutôt pour nous féliciter pour cette super initiative ? Et oui, on a aussi entendu des désaccords soutenus par une suite d’arguments tout à fait légitimes.

Merci encore pour vos mots et désolées pour l’attente causée par ces situations humaines.
Car malgré l’utilisation de l’informatique à notre caisse, la queue se prolonge au fur à mesure que l’heure de début de spectacle s’approche et oh non ! on commence en retard. Tristesse.
Pourquoi ne pas venir en avance et éviter ainsi le stress de la queue ? Profiter de la buvette de notre théâtre à prix doux ? Jeter un œil à notre librairie concoctée par les artistes de la saison ? Ce sont des options qu’on trouve au foyer des deux salles et qui permettent de découvrir l’univers du Grütli.

Mais sinon, au théâtre, vu qu’on a choisi l’option Machine & Humain, on profite de ces pages pour vous rappeler la possibilité d’acheter votre billet en ligne (même un billet à 0.–) et éviter ainsi l’attente à la caisse. Car l’achat en ligne vous garantit de ne pas faire la queue. C’est pas génial, ça ? Et très facile !

Allez sur notre site web www.grutli.ch
Cliquez sur l’image de la représentation désirée ou sur le nom dans la partie * Programmation *
Cliquez sur le bouton ACHETEZ VOS BILLETS au-dessus des dates des représentations
Choisissez votre tarif
Recevez le billet par email
Rendez-vous directement à la porte de la salle (ou à la buvette tiens !), en tout cas sans passer par la caisse
Mais si vous appréciez la conversation avec notre super équipe d’accueil, n’hésitez pas à vous approcher, dire bonjour dès qu’on se croise.
On est toujours contentes de vous voir car quand même, l’humain est plus sympa que la machine.

Àdria Puerto i Molina,
responsable billetterie & chargée de production

* Pour aller plus loin ou pour rembobiner, vous pouvez lire dans SAUVAGE, le premier numéro de ce journal, l’article Libres et concernées