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Le vaisseau sauvage

Melissa Cascarino

Pour LUPAE, Melissa Cascarino avait choisi de se rapprocher de la matière, de se reconnecter à l’essentiel et de sculpter un spectacle à l’image de la Louve. Malgré le contexte, elle a choisi de créer et de jouer sans public. Elle vous propose toutefois une immersion dans son univers à travers ce poème. À découvrir en écoutant la création sonore réalisée en collaboration avec Gwenaëlle Chastagner que vous trouverez ICI

Un antre nous attend au tournant ‘ Les entrelacs inondés à perte de
vue ‘ Contrefigurent la perspective ‘ Dans un reflet j’entrevois une
carcasse garée au bord d’un nuage ‘ Dans l’épave un regard perçant ‘
À pieds joints je saute dans le naufrage dedans ‘ Coule en moi en moi
ta jeunesse écorchée vive soyeuse au toucher enivrante à chuter ‘ Nous
nous serions tant aimés ‘ Je nage et sombre dans l’oubli de la
chronologie ‘ Je succombe à la submersion amour de tous les temps ‘
Coule en moi ton sang j’entre dans le vif du sujet ‘ L’eau pure entre
nos corps ‘ J’entraperçois un autre toi qui m’attend au tournant et me
dévisage ‘ Un autre moi qui m’entre dans le corps comme on entre
en transe et m’envisage en flamme pour sa vie ‘ L’antre rubis rougeoie
dans le lointain ‘ L’autre antre flotte tel un augure qui gardera son
secret à jamais ‘ L’approche prendra mille ans peut-être quelques
siècles ‘ Tu es mon antre souverain ‘ L’épave rouillée avale le nuage
et s’envole jusqu’au centre de la terre ‘ Une brume lacustre décante les
diffractions de la mémoire ‘ L’antre me happe et j’entre sans frapper ‘
Ta langue dans ma bouche ‘ Les entrelacs ont trouvé un ventre de
gravité ‘ Je suis sans entraves tu me laves de tous mes excès ‘ Et je
te boirai jusqu’à l’aurore pour te sauver du jour qui nous sépare ‘
L’antre nous attend depuis si longtemps ‘ Je danse les oracles pour les
perpétuer ‘ Je jouis dans l’orage pour l’édifier ‘ Je te désire pour
survivre ‘ J’entre en toi comme dans un livre regorgeant de mirages
luxuriants ‘ Les antres du corps creusés par le désir regorgent de toi ‘
Les golfes ombrés d’antan dans l’humidité de l’amour renaissent de
leurs cendres ‘ Et le vaisseau sauvage absorbe les entrelacs chatoyants
suivants ‘ Toujours au tournant suivant ‘ Un antre nous attend ‘ Et
inversement ‘ Et voilà mille ans que je ne t’ai pas écrit ‘ Au tournant
suivant ‘ Un antre nous attend ‘ Incessamment ‘ Sous peu

Photo©Dorothée Thébert