Écoles
Chers Enseignants,
Il y a dans toute salle de classe quelque chose qui ressemble à un théâtre. Des corps assis qui regardent. Une parole qui tente de faire exister quelque chose. Et la question, toujours, de savoir si ça prend — si l’attention se lève, si quelque chose passe.
C’est peut-être pour cela que nous nous adressons à vous en premier.
Cette saison s’appelle *Un lieu à soi*. Nous l’empruntons à Virginia Woolf, qui réclamait
pour les femmes — et pour toutes celles et ceux qu’on avait écartés des pelouses et des
bibliothèques — un espace physique et mental soustrait à l’injonction de se rendre utile, de se faire discret, de s’effacer. Ce lieu à soi n’était pas un repli. C’était la condition du commun. De la solitude féconde, disait-elle, surgit la pensée la plus partageable. Nous avons fait de cette idée un horizon poétique, et c’est tout notre programme. Ambitieux autant que réaliste.
Une programmation qui part des corps — corps qui s’arrachent à la gravité ou s’y enfoncent, corps adolescents qui voyagent entre passé et présent, corps qui vieillissent et traversent les générations, corps qui tatouent leur histoire sur leur peau comme une autre façon d’écrire le monde. Une programmation qui part des voix — voix de femmes qui racontent leur rapport à la ville et à ce qui leur est soustrait, voix d’hommes qui se souviennent de leur adolescence sur des terres colonisées, voix d’une abbesse du XIIIe siècle qui remonte à la surface et éclaire, avec une précision troublante, le destin des femmes d’aujourd’hui.
Une programmation qui part des questions que vous posez, vous aussi, chaque jour : qu’est-ce qui nous fait tenir ensemble ? Que garde-t-on du passé ? Où va-t-on ? Comment résiste-t-on ?
Les spectacles de cette saison ne donnent pas de réponses. Ils fabriquent des lieux —
scènes traditionnelles, conseils municipaux pour une soirée, rues et quartiers, forêts
au bord du souvenir, casques de réalité augmentée. Des espaces où l’imprévisible
se traverse ensemble, où la fragilité d’une première est aussi précieuse que la certitude
d’une centième représentation. Des endroits, comme votre classe, où l’on a le droit à l’erreur, où l’on peut recommencer et advenir.
Amener un groupe d’élèves au théâtre, c’est leur offrir exactement ce que Woolf réclamait : un espace soustrait à l’utile immédiat, au rendement, à la bonne réponse. Un endroit où l’on peut rester dans le noir et laisser quelque chose arriver. Où une pieuvre peut vous apprendre que l’imprévisible se traverse toujours ensemble. Où un tapis persan peut devenir le héros d’une fable sur la liberté de penser. Où une grand-mère qui pousse des euuuh et des roooooh peut être inoubliable.
Ici, aucune porte. Aucune serrure. Aucun verrou.
Découvrir le théâtre et ses métiers
Se familiariser avec les arts vivants en découvrant les coulisses d’un théâtre pour l’appréhender autrement
→ Mieux comprendre ce qu’est la création
→ Se familiariser avec les notions de mise en scène, régie, dramaturgie, etc
→ Une autre manière de découvrir un bâtiment historique de la ville de Genève
Déroulement
La visite du théâtre dure entre 1h et 1h30.
Elle consiste à :
→ Faire découvrir les différents espaces du théâtre et la diversité des métiers qu’ils abritent
→ En fonction de la période, possibilité de rencontrer les artistes en création
→ Possibilité d’organiser un atelier lumières et/ou régie
Théâtre & sensibilisation au handicap
→ Qu’est-ce qu’une mesure d’accessibilité ?
→ Pourquoi et comment faciliter l’accès à la culture ?
→ Les mesures sont-elles satisfaisantes pour les personnes concernées ?
→ Quelles interactions entre artistes, public et handicap ?
Atelier mené par une personne en situation de handicap et consultante en accessibilité.
Offre une sensibilisation au handicap et aux mesures d’accessibilité proposées par les institutions culturelles, en particulier au théâtre.
Par exemple :
→ L’audiodescription
→ La visite tactile d’un décor
En préambule, nous faisons une visite du bâtiment à travers le prisme de l’accessibilité physique.
Déroulement
Atelier de 2h qui permet d’alterner entre situations pratiques et échange sur les différentes manières de regarder ensemble un même spectacle, malgré et grâce à nos différences.
Newsletter
Notre programmation, intitulée Les Racines du ciel, donne à voir des créations d’artistes d’ici et d’ailleurs et le fil rouge tissé par cet horizon poétique dessine des lignes thématiques qui entrent en résonance avec les diverses matières que vous enseignez. Les spectacles sont toujours contemporains (d’actualité) et ils sont susceptibles de toucher émotionnellement, intellectuellement et visuellement les jeunes générations que vous côtoyez au quotidien. Nous pouvons donc faire écho aux plans d’étude avec des approches transversales.
Comme tout objet artistique, son abord peut sembler difficile, tant nos préjugés ou nos peurs sont tenaces. C’est pourquoi nous vous proposons un accompagnement spécifique avant ou après nos représentations, dans votre établissement ou dans nos murs.